Autochtones : Retour en Force

Au Canada, les autochtones sont dépeints comme étant des êtres tragiques dans les médias. On entend une histoire sur les pensionnats, une autre sur la disparition de femme, une autre sur la destruction de leurs traditions culturelles… On dirait qu’ils sont destinés à la misère.

Pas du tout. Certaines communautés s’épanouissent. Les jeunes autochtones résistent. Les autochtones âgés leur sourient.

Contexte de la résistance culturelle des autochtones

Drapeau de la confédération iroquoise
Drapeau de la confédération iroquoise dont les Mohawks font partie.

Je vais à un événement de la COOP Le Milieu nommé « Partage du savoir indigène : premières Nations

et Indigènes ». Je jette un coup d’œil et je vois des tables sur lesquels sont étalés des perles colorées, des bijoux, des dessins et des châles. Je trouve aussi sur une table la carte de visite d’un organisme nommé Montréal Autochtone. C’est palpitant ! Ils offrent des cours de langues autochtones; Les projets de revitalisation et préservation linguistique me fascinent. Je demande s’il y a des exposants représentant Montréal Autochtone et on me présente une vieille dame mohawk :

« Je ne suis pas de Montréal Autochtone, mais je répondrai à vos questions du mieux que je peux. »

Beverly (ce n’est pas son vrai nom) est une aînée mohawk, une ancienne enseignante, une ancienne juge et a travaillé dans le système correctionnel. Elle vient de Kahnawake, au sud de Montréal.

« Oui, il y a plein de projets de revitalisation des langues autochtones. Quand j’étais petite à l’école, il n’y avait rien de cela » dit Beverly. « À l’école, on m’apprenait que j’étais une sauvage. »

Pendant la jeunesse de Beverly, les écoles canadiennes enseignaient que les autochtones étaient essentiellement des barbares et avaient besoin d’être civilisés en adoptant des coutumes européennes occidentales. Les pensionnats pour Amérindiens étaient les écoles qui imposaient cette politique coloniale le plus. Son témoignage me rappelait celui d’un politicien blanc canadien-français que je connais d’Oka-Kanesatake, une autre région mohawk. Il m’a dit que quand il était à l’école primaire, les enseignantes disaient : « Si vous voulez savoir de quoi ont l’air les démons et voir leur comportement, observez les Mohawks. »

Beverly parle aussi des séquelles que laisse une telle mentalité coloniale chez les hommes autochtones.

« Tu sais, quand je travaillais dans le système correctionnel, je travaillais avec beaucoup d’hommes autochtones. Je leur ai appris à être des hommes autochtones et qu’être Autochtone ne fait pas d’eux des gens essentiellement mauvais. »

La situation de la langue et des coutumes mohawks à Kahnawake

J’ai déjà entendu parler d’écoles primaires et secondaires qui enseignent la langue mohawk, mais Beverly me parle d’une école à Kahnawake qui offre un programme d’immersion linguistique en mohawk. Elle dit aussi que les vendredis, les élèves et le personnel de cette école mohawks et non mohawks portent des vêtements mohawks traditionnels. Elle en est si ravie qu’elle ne peut pas le cacher. De plus, les pancartes à Kahnawake sont en anglais et en mohawk. Beverly raconte comment ces pancartes bilingues rendent les gens perplexes.

« Quand j’étais juge chargée de régler des cas relatifs à la circulation, un homme a contesté une contravention qu’il a eue pour avoir grillé trois panneaux d’arrêt de suite. Je lui ai dit :

– As-tu passé trois panneaux d’arrêt sans arrêter ?

– Oui, mais ces panneaux servaient de tests.

– Qu’est-ce que tu veux dire ? Ils étaient de dimensions réglementaires, ils étaient visibles, “‘Stop”’ y étaient inscrits…

– Ça disait aussi “‘Testan”’ ».

« Testan » en mohawk signifie « Arrêt ».

Panneau d'arrêt mohawk
Le panneau d’arrêt mohawk qui rend perplexe. Source: Wikicommons

De l’espoir pour l’avenir

Beverly est optimiste : « Le maire de Montréal, Denis Coderre, a reconnu que Montréal, nos terres de chasse originelles, était à l’origine une terre autochtone. Cette reconnaissance me donne espoir qu’un jour, nous récupérons nos terres. En fait, on ne peut pas, car ils [les descendants des colonisateurs européens] les ont détruites et rendues laides. Nous pouvons au moins espérer que nous aurons notre mot à dire dans notre pays ».

Les communautés autochtones se relèvent ; voilà l’histoire qu’on devrait entendre plus souvent.

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