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Japon : problèmes sociaux cachés

Le 28 février 2018, Adrian Favell et Vincent Mirza ont commencé leur conférence « Japon : comment gérer et vivre dans une société post-croissance » à l’Université de Montréal par des images familières. Doraémon, Pikachu, le Premier ministre Shinzo Abe annonçant les Olympiades de Tokyo déguisé en Super Mario… Tout ça fait partie de l’image « Cool Japan » que le Japon veut présenter au monde. Derrière les lumières éclatantes futuristes de Tokyo, les mangas et les dessins animés se cache le côté du Japon que les Japonais veulent cacher : l’échec de la modernité. À travers l’art post-moderne, M. Favell a

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe déguisé en Super Mario apparaît pendant la cérémonie de cloture des Olympiades de Rio de Janeiro le 21 août 2016. (Kyodo) Photo de Deohayer

présenté la modernité que les artistes rejettent : celle qui n’a pas réussi à protéger le Japon des catastrophes naturelles, celle qui vide la campagne et celle qui fait que les jeunes se replient sur eux-mêmes.

La modernité impuissante devant les catastrophes naturelles

Favell s’est concentré sur les œuvres d’art produites après 2009 : « Fukushima a énormément affecté les Japonais ». Les trois catastrophes naturelles de 2011 ont montré aux Japonais qu’aucune technologie, aucun mur en béton ne peut protéger leur pays des tremblements de terre, des tsunamis et des explosions de centrales nucléaires comme Fukushima. Toyo Ito et son groupe de confrères architectes ont eu comme réponse aux peurs des Japonais la Maison pour tous (mina no ie). Elle a été présentée au pavillon japonais de la 13e biennale d’architecture de Venise. L’objectif était d’aider les habitants de Rikuzentakata qui a été détruit par le tsunami à reprendre contact avec la nature ainsi qu’avec les uns les autres en tant que communauté.

L’exode de la campagne pour Tokyo

« Au Japon, il y a 8 millions de maisons abandonnées dans les campagnes », dit M. Favell. Les catastrophes naturelles ne sont pas la seule raison pour laquelle les Japonais quittent la campagne : il y a plus d’occasions d’emploi dans les grandes villes comme Tokyo. M. Favell a cité avec humour l’île de Momoshima : « Les gens déménagent et l’île est envahie par des sangliers, des chats, des corbeaux et des araignées. » Les écoles, les usines et les hôpitaux sont abandonnés, car la plupart des résidents qui restent sont des femmes âgées. Certains artistes comme Chiharu Shiota soulignent cet exode rural avec des œuvres comme Farther Memory, un tunnel construit pour commémorer la dernière naissance dans le village de Ko, à Teshima. D’autres artistes tels que Yanagi Yukinari amènent leurs étudiants dans les régions rurales. Ces voyages ont deux objectifs : faire en sorte que les étudiants apprécient les régions rurales et briser l’isolement chez les personnes âgées. Mais l’isolement n’affecte pas que les personnes âgées.

L’isolement des jeunes Japonais

Les jeunes du Japon sont très instruits, mais ne trouvent pas d’emploi même lorsqu’ils déménagent dans de grandes villes. De moins en moins de Japonais se marient et de moins en moins ont des enfants. Ces problèmes découlent de la bulle spéculative des années 1980, la décennie perdue (1990-2000) et la crise de la dette japonaise. En raison de cela, les jeunes ont tendance à s’isoler et se retirer de la société. « Les économistes appellent ces jeunes des “’maké inu”’ (chiens ratés), des “’parasite singles”’ (célibataires parasites) et des “’hikikomori”’ (gens qui se retirent socialement) », dit M. Favell. Certains artistes qui se font appeler ces choses ont fondé la « Shibu House ». Il s’agit d’une coopérative qui loue une maison ensemble dans l’arrondissement de Shibuya à Tokyo. D’autres artistes tels que Kyohei Sakaguchi, en réponse aux crises économiques du Japon, a écrit Zero Yen House, un livre sur comment vivre sans argent.

Est-ce que l’art est une solution ?

Les Japonais se soucient véritablement de leur image sur la scène mondiale. Les artistes post-modernes que M. Favell a présentés attirent l’attention sur les problèmes sociaux et économiques dont le Japon a honte. M. Favell lui-même a dit que certaines méthodes que les artistes utilisent comme solution à ces problèmes sociaux fonctionnent plus ou moins. Toutefois, ce militantisme artistique a un effet qui peut soulager l’anxiété causée par les maux de la modernité japonaise : il rassemble les gens.

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Une pièce du pavillon national du Japon du Biennale d’architecture de Venise de Toyo Ito et coll. dans le même esprit que « House for All ». Photo de Dalbera

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Liens

Si vous aimez l’art contemporain japonais, suivez le lien ci-dessous vers le livre d’Adrian Favell.

Before and After Superflat d’Adrian Favell (anglais seulement. Tiré de son propre site Internet)

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