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Le Canada : une mosaïque bâclée (partie 5)

Note de l’éditeur : Cette histoire sur le multiculturalisme canadien  était, à l’origine un article de 3 600 mots destiné à une revue britannique. J’ai décidé d’en faire une mini-série. Elle porte sur Peter, un libano-canadien et son expérience du multiculturalisme canadien. Il rencontrer diverses personne à travers sa vie et elles influent sur ses pensées. Même si elle contient beaucoup d’éléments et d’anecdotes vrais, cette oeuvre est une fiction. Lisez la première partie ici, la deuxième ici, la troisième ici et la quatrième ici .

Les Brésiliens étaient très amicaux. Ils s’ouvraient facilement aux gens qui s’intéressaient sincèrement à la culture brésilienne et la langue portugaise. En raison de mes connaissances en esp

Drapeau du Brésil
Drapeau du Brésil

agnol, je pouvais comprendre certaines de leurs conversations et j’essayais de leur répondre en portugais. Bien que je fasse beaucoup d’erreurs, les Brésiliens étaient très heureux de me corriger. Ils m’en ont aussi appris sur

la littérature de leur pays, leurs coutumes et même des blagues grossières en portugais[1]. Un des Brésiliens, Saulo, voulait apprendre le français et me demandait tout le temps de lui expliquer des mots en français et la grammaire française. Je me souviens d’une de nos conversations :

« - Saulo, tu parles un peu comme ce combattant d’arts martiaux mixtes, Wanderlei Silva. Viens-tu, comme lui, de Curitiba ?

– Non, je viens de Manaus. C’est dans la forêt amazonienne.

– Wow ! C’est comment, Manaus ? Est-ce comme Rio de Janeiro et Sao Paulo ? Aimais-tu y habiter ?

– Eh bien, c’était beaucoup plus sécuritaire quand j’étais petit. Plus je vieillissais, plus Manaus devenait dangereux. I faillait que je marche les mains fermement appuyées contre mes poches parce qu’il y avait de plus en plus de pickpockets dans les rues. À Montréal, je peux joyeusement me dandiner dans la rue sans soucis en écoutant de la musique fort sans me soucier de me faire taxer ou voler.

– Tu veux dire qu’il y a des favelas près de Manaus ?

– Eh bien… »

Les autres Brésiliens l’ont brusquement interrompu et ont vociféré contre lui en portugais. Je les ai même entendus traiter Saulo de choses très méchantes.

« Hé ! Pourquoi êtes-vous en train de vous chicaner ? »

Ils se sont tous tourné vers moi, sourires fendus jusqu’aux oreilles et ont dit :

« Oh ! Il n’y a rien. Tout va bien ! Nous sommes juste très fougueux. »

Quelques mois plus tard, je leur ai rappelé l’incident. Ils m’ont dit qu’en effet, ils se querellaient, car les favelas, les gangs de rue et les crimes violents sont tabous. Les Brésiliens ont honte de parler de ces choses aux non-Brésiliens, car ils croient que la pauvreté, les gangs et la violence donnent une mauvaise impression de leur pays. Les Brésiliens veulent que les étrangers les reconnaissent pour des choses positives sans s’accrocher aux clichés habituels comme le carnaval de Rio de Janeiro et le soccer.

Leurs noms m’intriguaient aussi. Bien que certaines aient des noms de famille portugais comme Ribeiro,

Drapeau du Pakistand de Zscout370
Drapeau du Pakistand de Zscout370

Texeira et Machado, certains avaient des noms de famille libanais comme Maroun et Bichara, des noms japonais comme Sasaki et d’autres avaient des noms allemands comme Schultz. Quand j’ai demandé aux Brésiliens leurs origines, ils ont tous avoué avoir des racines autochtones, espagnoles, italiennes, libanaises, syriennes, portugaises ou allemandes. Quand je leur ai demandé quelle nationalité ils se considéraient, ils ont tous dit « Eu sou brasileiro »[2]. Dans le grand Montréal, les immigrants de troisième génération ont tendance à se considérer de la même nationalité que leurs grands-parents au lieu de Canadien.

J’étais habitué d’entendre des histoires d’immigrants démunis arriver au Canada, mais j’ai étonné d’entendre que Saïda vivait confortablement avec son mari et ses trois enfants au Pakistan. Elle y était enseignante de primaire et elle adorait ça. Elle racontait joyeusement des histoires de bêtises que ses élèves disaient ou faisaient qui la faisaient rire. Il était évident qu’elle aimait les enfants. Je ne lui ai jamais demandé pourquoi elle a quitté le Pakistan.

À suivre…

[1] Je devais aller aux toilettes et un des Brésiliens m’a dit : « Si tu vois une belle Brésilienne en allant aux toilettes pour pisser, dit lui ça :

“’Desculpe suas mãos estão limpas?”’

Si elle dit “’Sim”’, réponds-lui “’ Então, me dê uma mão?”’ ».

[2] « Je suis Brésilien » en portugais.

Favela de Rocinha à Rio de Janeiro. Photo : chensiyuan
Favela de Rocinha à Rio de Janeiro. Photo : chensiyuan

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