Le prêtre bouddhiste robot de Kyoto

Dans l‘édition du mois d’août du Japan Times, un groupe de prêtres bouddhistes du temple Kodaiji à Kyoto ont présenté le premier prêtre bouddhiste robot. Il peut mémoriser des soutras et les réciter en chinois et en japonais. Il peut prononcer des sermons. Les prêtres prétendent que le robot coûte 1 million $ US et que le robot attirera les jeunes parce qu’il n’est pas vieux jeu comme eux. Est-ce que le robot valait la peine ?

La technologie ne peut pas remplacer le contact humain

Les prêtres se sont plaints que les Japonais, plus particulièrement les jeunes, sont moins religieux aujourd’hui et que la religion n’intéresse que les vieux comme eux. Cette supposition démontre un autre problème plutôt fondamental : le manque d’esprit communautaire non seulement au Japon, mais dans les grandes villes. Le robot ne peut pas avoir de complicité avec ceux qui visitent le temple. Il ne peut ni écouter ni comprendre. Il ne peut que parler dans la présence des gens. Est-ce possible que les prêtres se trouvent vieux jeu parce qu’ils ont ces défauts en commun avec le robot ?

En étant un assistant en langues étrangères dans le programme JET, j’ai appris que l’âge n’empêche pas d’avoir une complicité avec les jeunes. Certains enseignants parmi les plus aimés sont, eh bien, parmi les plus âgés. Dans un de mes cours d’anglais, j’ai dû demander à des élèves pour un examen « qui est le héros que vous admirez le plus et pour quelle raison ? » Quelques élèves ont répondu un de leurs enseignants pour la raison suivante : « Il était exigeant. Il était sévère, mais on sait qu’il était comme ça avec nous parce qu’on compte pour lui ». Je crois que « parce qu’on compte pour lui » est la raison pour laquelle l’âge ne compte pas.

Les robots sont incapables de susciter de l’intérêt

Les robots peuvent certainement attirer l’intérêt, mais ils ne peuvent pas le susciter. Les prêtres sont, d’une certaine manière, des enseignants. Ils enseignent à leurs disciples la spiritualité. Les enseignants enseignent en interagissant avec les disciples. Les enseignants qui ne font que blablater sans arrêt peuvent être remplacés par une vidéo ou un robot. Ne serait-il pas plus simple pour un prêtre d’entrer en relation avec les adeptes plutôt que de se procurer un robot se comportant comme un enseignant médiocre ?

Est-ce que le prêtre bouddhiste robot valait la peine ?

Je ne pense pas. Je crois qu’il est une curiosité dispendieuse, un gadget trop cher. Seules les personnes peuvent guider, enseigner et bâtir des communautés.

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