The Liquor Store : le public est bien servi

Il y a quelques semaines, j’étais à La marche d’à côté pour voir le guitariste montréalais de blues rock Justin Saladino. La précision du guitariste qui l’accompagnait m’intriguait. Il s’appelait Félix Blackburn.

« Oui, je joue pour un autre groupe, un orchestre jazz. », dit Félix. « Il se nomme The Liquor Store. Nous nous produirons bientôt au Festival de jazz de Montréal. Viens nous voir ! » Je vais à leur deuxième concert au festival et je ne suis pas déçu.

J’arrive à la scène à la place SNC-Lavalin en espérant qu’il ne pleuvra pas encore ce soir. La scène était extérieure ; des tables et des chaises sont installées ; et le devant de la scène est dégagé pour créer une piste de danse improvisée. Une flaque d’eau énorme empêchait l’auditoire de profiter pleinement de l’espace dont il disposait. La lumière rouge des projecteurs m’aveugle temporairement.

Une série de bruits de radio sont joués, des extraits de chansons se font entendre et The Liquor Store arrive sur scène. Ils ne perdent pas de temps et captent l’attention des spectateurs avec une trompette retentissante, une batterie de tonnerre et une partie de guitare rythmique funk.

The Liquor Store est composé de K.O.F. (voix), Max Miller (voix), Félix Blackburn (guitare), Rémi Cormier (trompette), Alex Francœur (saxophone), Félix Leblanc (synthétiseur), Émile Farley (guitare basse) et Jean-Daniel Thibault-Desbiens (batterie). Leur musique est un cocktail de rap, jazz, funk et R & B. Après la première chanson, Francœur dit à la foule : « Approchez-vous ! » En voyant que la plupart des spectateurs étaient encore aux tables après la deuxième chanson, Miller taquine les spectateurs trop timides pour venir sur la piste de danse improvisée. Ensuite, des femmes et des couples commencent à remplir la piste de danse improvisée. Les taquineries de Miller étaient partiellement une introduction à la chanson « Room for everyone » (de la place pour tout le monde), une pièce contenant des critiques sociales. Le groupe enchaîne avec « Hooked », une chanson qui commence par une introduction au piano rappelant « Bitches Brew » de Miles Davis et des couplets dans le même style que Lauryn Hill ou les Fugees accompagnés du chant rap de K.O.F. similaire aux styles de la France. Ensuite, The Liquor Store invite sur scène le chanteur soul Wayne Tennant pour chanter avec eux « In the 514 ». Tennant séduit la foule grâce à ses falsettos stridents mais doux pendant que Blackburn charme les spectateurs à l’aide de son solo sensuel de guitare.

Chaque membre du groupe démontre sa virtuosité à travers diverses pièces instrumentales et improvisations libres. Pendant ces improvisations, les spectateurs applaudissent et encourageaient le groupe. Miller et Francœur, comme des hype men d’un groupe rap, disaient à la foule de sauter et agiter les bras. Les membres rappellent leurs noms, saluent la foule et quittent la scène.

Ce n’est pas fini. The Liquor Store a l’air d’être vidé ; la fête semble être terminée, mais le groupe avait encore de la marchandise à livrer.

Il  revient sur scène avec la chanteuse invitée Nadia Baldé et jouent une pièce soul. Vers la fin du concert, les cuivres font un clin d’œil aux groupes classiques de heavy métal en jouant avec l’auditoire à un jeu qu’ils nomment « question et réponse ». Il s’agit d’appels et réponses : les cuivres « appellent » la foule en jouant une courte mélodie et elle leur répond en la chantant. Elle a chanté chacune des notes avec précision et presque aussi fort que les cuivres.

Le concert en entier était une série de cocktails faits avec maîtrise en utilisant les meilleurs ingrédients des styles les plus diversifiés. Leur prestation était explosive. The Liquor Store ne sert ni de mojitos ni de la bière : ils servent des cocktails Molotov.

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