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Coptes et musulmans d’Égypte : indivisibles pour l’État islamique

Le premier jour du ramadan 2017, l’État islamique a attaqué trois autobus transportant des enfants coptes (chrétiens autochtones de l’Égypte) en excursion au monastère Saint Samuel près d’Al-Minya.

L’EI a tué des enfants en excursion. EI, vous êtes tellement durs à cuire et virils. Vous avez sûrement épaté le Bon Dieu avec votre dévouement et bravoure. Vos mamans doivent être si fières de vous. Tenez, vous méritez un biscuit (empoisonné).

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Ce graffiti du Printemps arabe démontre la solidarité entre chrétiens et musulmans en Égypte. La croix a été mutilée, sûrement par un extrémiste musulman. Photo prise en 2012 à Maadi, Égypte, par Mark Homsany.

C’est un cycle : l’EI attaque des Coptes ; beaucoup de femmes et enfants meurent ; des messages de deuil, de colère et de critique des chrétiens et des musulmans abondent sur les médias sociaux ; les politiques expriment formellement leurs sincères condoléances ; et le cycle se répète. Il y a des tensions entre les chrétiens et les musulmans de l’Égypte depuis le Moyen Âge, toutefois, ils sont unis. Il en est ainsi depuis au moins le début du XXe siècle.

Il n’est pas étonnant de voir des chrétiens et des musulmans se protéger les uns les autres pendant qu’ils prient et crier « Chrétiens ! Musulmans ! Comme les doigts de la main ! »* pendant le Printemps arabe. Le pharaonisme, forme de nationalisme égyptien, a vu ses débuts au commencement du XXe siècle. Il souligne que les Égyptiens ne sont pas des Arabes, mais des descendants des anciens Égyptiens et qu’ils font partie d’une vaste civilisation méditerranéenne. Ce nationalisme met l’accent sur l’importance du Nil et de la Méditerranée. En d’autres mots, les Égyptiens de toutes les religions et ascendances ont en commun l’amour qu’ils ressentent envers leur pays et leur Histoire. Cette unité se reflète dans les paroles de Sayed Darwish. Il était compositeur, révolutionnaire, le père de la musique égyptienne moderne et l’auteur de l’hymne national égyptien. Il chantait des paroles qui avaient pour but de rallier les Égyptiens contre les Britanniques tels qu’« Aime ton voisin avant d’aimer ta propre existence/C’est quoi un chrétien ? C’est quoi un musulmans ? Un juif ? De quoi tu parles ?/Ce ne sont que des mots, nous venons des mêmes ancêtres »**. Cette même chanson ainsi que d’autres de Sayed Darwish ont été chantées par les manifestants pendant le Printemps arabe.

Donc, si la société égyptienne est si unie, pourquoi y a-t-il des tensions entre chrétiens et musulmans ?

graffiti du Printemps arabe imitant le drapeau de 1919
Ce graffiti du printemps arabe imite le drapeau de la Révolution égyptienne de 1919. Il est inscrit «Vive le croissant de lune avec la croix». Photo prise à Maadi, Égypte, en 2012 par Mark Homsany.

Le wahhabisme, le mouvement qui influe sur les groupes musulmans extrémistes des Frères musulmans à l’EI, dresse les chrétiens et les musulmans les uns contre les autres. Selon le wahhabisme, tout ce qui est différent de sa version de l’Islam nuit à la société. Autour du Nouvel An en 2011, le gouvernement de Hosni Moubarak a embauché des extrémistes musulmans pour bombarder l’église des Saints à Alexandrie. Le but du gouvernement de Moubarak était de produire une querelle entre chrétiens et musulmans pour tenter de mater le Printemps arabe. L’État islamique vise un objectif similaire pour envahir l’Égypte. Ils attaquent les chrétiens les jours de fête et près des monuments symboliques pour qu’ils aient trop peur de pratiquer leur religion et par le même biais, forcer les musulmans à vivre dans la peur. Est-ce que le plan de l’EI porte fruit ?

Les Égyptiens ont peur, certes, mais ils ont vécu plus de 2 000 ans d’occupation étrangère et des années de dictature. Ils peuvent résister à une autre crise. Les attentats et l’injustice en Égypte ne font que rassembler les chrétiens et les musulmans et cela est la preuve que l’EI ne peut pas gagner. Terroristes, ça va brasser.

*Ils disaient littéralement « Musulmans ! Chrétiens ! Une seule et même main ! »(مسلمين مسيحيين يد واحدة)

**Tiré de « Lève-toi, Égyptien! » (قوم يا مصري). Traduction de Mark Homsany

Coup de gueule : les cours d’Histoire du Canada au Québec

Quand j’étais encore à l’école, l’Histoire du Canada n’était pas une matière pour laquelle les élèves se histoire_canadienne_quebec_ennuyeuseforçaient parce que, contrairement au mathématiques et la physique, les notes en Histoire ne déterminaient pas dans quel programme on serait accepté. J’ai l’impression qu’il y a un désintérêt généralisé pour l’histoire du Canada au Québec. Le premier contact des enfants canadiens avec l’histoire de leur pays se fait à l’école et le programme scolaire du Québec est la raison pour laquelle ils la trouvent si ennuyeuse. Voici pourquoi ce programme est si ennuyeux :

L’Histoire du Canada est présentée comme étant une longue dispute ennuyeuse entre les Français et les Anglais

L’Histoire du Canada est enseignée au Québec comme étant la lutte des Français contre les « maudits Anglais » (ici, « maudits Anglais » fait allusion au Canadiens de culture anglophone) pour obtenir une reconnaissance culturelle et nationale. Cette lutte a été menée à travers quelques batailles et beaucoup de signature de paperasse. Que faisaient les Canadiens-Français et les Canadiens-Anglais à part se quereller ? Comment était la société à l’époque ? Quelle était la mentalité des deux ethnies ? Ce récit présente le Canada comme étant unidimensionnel. L’Histoire ne peut pas fasciner par le biais de traités et de perspectives limitantes.

Les Canadiens-Français et les Canadiens-Anglais ne sont pas les seuls ethnies au Canada

Bien avant l’arrivée des Français et des Anglais au Canada, il y avait divers peuples autochtones. Ils semblent être de moindre importance dans le programme scolaire, car après les premiers chapitres, ils ne sont plus mentionnés comme s’ils s’étaient évaporés. Certains Canadiens-Français ont des noms de famille irlandais comme Bourque (version francisée de « Burke »), mais on en apprend très peu sur la migration des Irlandais pendant la Grande Famine et les raids féniens. Quand John A. MacDonald a colonisé les Prairies, il y a envoyé par train beaucoup d’immigrants mais on en parle peu. Il a pu les envoyer par train, car des ouvriers chinois ont construit le chemin de fer. Je peux m’éterniser, mais dresser une liste des diverses ethnies n’est pas mon but : il y a beaucoup d’ethnies au Canada et ils ont influé sur son Histoire.

Le Québec n’est pas isolé du reste du monde

En effet ! Le Canada suit un système fédéral qui donne à chaque province beaucoup de liberté, entre autre, celle d’avoir leur propre programme scolaire. Le programme d’Histoire du Canada au Québec se focalise tellement sur le Québec qu’on oublie qu’il y a d’autres provinces et les États-Unis au sud. Les provinces anglophones et les États-Unis ont des relations avec le Québec. Puisqu’on se plaint de la langue anglaise, pourquoi ne pas parler des régions en périphérie et de comment elles influencent le Québec ?

On parle trop peu de l’immigration et du multiculturalisme

Si vous vivez dans une grande ville canadienne comme Montréal, vous avez sûrement déjà vu des gens qui n’étais ni Canadiens-Français ni Canadiens-Anglais. Il y a eu des vagues d’immigration depuis au moins le temps de John A. MacDonald et l’immigration est un thème récurrent dans les médias. Qui sont ces immigrants ? Pourquoi viennent-ils au Canada ? Pourquoi y a-t-il des vagues d’immigration ? Le multiculturalisme de Pierre Eliott Trudeau influence encore la société canadienne. On supposerait qu’une partie si importante de l’Histoire et la société canadienne serait abordée à l’école, mais non, elle ne l’est pas.

Un programme qui abruti

Mon ancien professeur d’Histoire à l’université a dit au début de son cours : « Pour comprendre un pays, il faut comprendre sa politique. Pour comprendre sa politique, il faut comprendre son histoire ». Le programme scolaire semble être conçu pour empêcher les Québécois à comprendre le pays dans lequel ils vivent. Pire, cette vision unidimensionnelle de l’Histoire du Canada empêche les Canadiens de poser des questions importantes comme « vers quoi nous dirigeons-nous en tant que pays et que devrions-nous faire ? » Je crois que l’école n’est pas conçue pour former des citoyens qui portent des réflexions sérieuses sur leur pays.

Êtes-vous d’accord ? Faites part de vos commentaires !

Mécanisation

Elle était toujours stressée, toujours fatiguée mentalement et physiquement. Elle était déchirée par ses multiples vies. Il n’est pas facile de, porter, pendant quelques heures, le déguisement de mère de famille; plus tard, celui de femme au travail; ensuite, l’habit de femme mariée. On ne peut surtout pas s’arrêter pour se reposer. Oh non! Lorsqu’on se repose, on néglige ses responsabilités. Lorsqu’on ne porte pas un Femme cyborguedes multiples costumes, le désordre arrive comme un ouragan. Il est évident qu’elle brûlait la chandelle par les deux bouts. Elle était désespérée par sa situation; elle croyait que la meilleure façon d’y remédier était de sombrer, de se laisser consumer par le travail pour ne plus avoir à penser à sa fatigue.

 

En allant au travail, elle vit que tous ses collègues paraissaient tristes.  Le patron avait une mauvaise nouvelle à lui annoncer : la compagnie avait fait faillite. Oh! mon Dieu! C’était une triste nouvelle en effet! Si elle n’avait plus de travail, comment pourrait-t-elle chasser ses idées noires, ses questions sur la fatigue? Le soir, dans son lit, son mari lui demanda « Chérie, qu’est-ce qui ne va pas ? ». Elle ne répondit pas. Elle demeura assise dans son lit avec un regard vide. Elle pensait à une nouvelle manière de sombrer dans le travail, de ne plus penser à ce cercle vicieux des changements de rôles et à sa fatigue. Le fait qu’elle pensait était, pour elle, un signe de chute.

 

Le lendemain, elle se mit à marcher de gauche à droite, de haut en bas, du nord au sud, du nord-est au sud-ouest en passant le balai pour nettoyer un sol déjà impeccablement propre. Elle cuisina un déjeuner grandiose, idéal pour un banquet, alors que le seul pour qui elle devait cuisiner était son fils de dix ans. Celui-ci lui demanda : « Maman, pourquoi travailles-tu quand on n’en a pas besoin ?». Ah! cette petite vermine! Les enfants sont de véritables bêtes de cheptel! Et si ingrats! Ils se gavent, ils courent partout et crient comme des bêtes. Ils ne pensent qu’à eux-mêmes. En plus, les bêtes produisent du lait, des œufs, de la viande et du cuir. Les enfants, eux, ne procurent que des maux de têtes et de la fatigue. La mère, continua de plus belle ses activités de machine, sans répondre à son enfant qui l’avait forcé à penser, à marcher avec des pas lourds.

 

Le soir suivant, elle continua ses activités, mais de plus en plus exagérément. Elle n’avait même pas eu le temps d’aller au lit la nuit précédente. Elle n’en avait plus besoin. Son mari descendit dans la cuisine et vit un dégât atroce : la nourriture était brûlée, du mélange à gâteau coulait sur les murs, l’évier débordait, la lessive mouillée traînait sur le sol et une série de vis, d’engrenages et de ressorts traçait un  chemin vers le sous-sol. Le mari suivit le chemin et vit sa femme. Elle ne pensait plus. Elle était grise métallique. Des étincelles lui sortaient de l’épaule, son bras pendait et le couvercle de son ventre était ouvert. À l’intérieur, il vit des fils électriques à la place des intestins et au lieu d’un cœur, une pierre.

Note : J’ai écrit cette nouvelle en 2007. Je l’ai présenté sur scène au spectacle « La fête de la lecture » au Collège Montmorency la même année. Elle a été écrite en tant qu’hommage à « Votre appel est important » de Normand de Bellefeuille. C’était la première histoire que j’ai présenté en public de ma vie. Après avoir vu ma prestation, deux de mes amis les plus intimes m’ont encouragé a devenir écrivain. Je leur serai toujours reconnaissant pour leur soutien.

Policotechnologie amérindienne

Note : Cet article a originellement été publié sur le blogue Le Phare le 18 février 2013

Les témoignages les plus accessibles de l’arrivée des Européens en Amérique sont ceux des conquérants et de leurs hommes. Ces témoignages, sources de nombre de stéréotypes, les Amérindiens sont dépeints

Grand sceau des États-Unis
Le grand sceau des États-Unis. Les 13 flèches représentant les 13 colonies originales sont inspirées d’un symbole représentant la Confédération Iroquoise d’origine constituée de cinq nations au lieu de six (Haudenosaunee).

comme étant ignorants, arriérés et faibles. Bien que la technologie dont disposaient les Amérindiens au XVIe siècle ne fût pas aussi avancée que celle des Européens, les Amérindiens étaient capables de gérer des empires et maintenir des relations politiques. Leur organisation politique et sociale a même influencé la politique des États-Unis moderne. Les États-Unis doivent leur unification à la Ligue des Iroquois et le régime politique des Incas, une forme primitive de socialisme, démontre la capacité des Amérindiens à gérer des empires.

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L’échiquier syrien

Note : Cet article a originellement été publié sur le blogue Le Phare le 11 janvier 2013

On présente souvent la guerre civile en Syrie comme étant une tentative des rebelles de renverser le gouvernement de Bachar Al-Assad et des escarmouches entre ces rebelles et l’armée syrienne. Si on examine le conflit de plus près, on voit que l’Iran, l’Arabie Saoudite et des factions islamistes tels les moudjahidines et les Frères musulmans y sont aussi impliqués. Pourquoi cette guerre concerne-t-elle ces groupes et que souhaitent-ils obtenir ?

L’Iran est principalement chiite depuis la Dynastie safavide. Des pays au Moyen-Orient tels le Bahreïn qui sont près de l’Iran et qui oppriment les musulmans chiites craignent souvent que leurs citoyens chiites demandent la protection de l’Iran. Toutefois, les chiites opprimés ne sont pas les seuls à vouloir s’allier à l’Iran : Hafez Al-Assad, le père du président syrien actuel, Bachar Al-Assad, s’est allié aux Iraniens pendant leur guerre avec l’Iraq. La famille Al-Assad est alaouite, c’est-à-dire qu’elle suit une secte particulière du chiisme duodécimain. Hafez Al-Assad était aussi membre du parti Baath, parti laïc qui s’inspire de la vision de Gamal Abdel Nasser du panarabisme, du nationalisme arabe et du socialisme. Les Frères musulmans se sont férocement opposés au parti Baath en raison de ces idéologies laïques. La relation entre l’Iran et la famille Al-Assad menace les intérêts des États-Unis, ce qui fait que l’Arabie Saoudite n’a pas le choix de s’engager dans la guerre civile en Syrie.

L’État saoudien actuel découle de deux alliances : celle entre Mohamed Ibn Saoud, le fondateur de l’Arabie saoudite et de Mohamed Ibn Abdel Wahhab, le fondateur du wahhabisme, et celle entre Franklin D. Roosevelt et le roi Abdel Aziz Ibn Saoud. Selon la doctrine wahhabite, l’islam chiite est une hérésie, ce qui explique pourquoi l’État saoudien opprime les chiites qui y habitent. Les Saoudiens oppriment aussi les chiites pour des raisons pratiques : ils habitent l’est de l’Arabie qui est riche en pétrole et près de l’Iran. Puisque la tension entre l’Iran et les États-Unis monte, les Étatsuniens ont cru que couper les ponts entre l’Iran et la Syrie, son allié, serait une excellente manière d’affaiblir les Iraniens. Renverser la famille Al-Assad pourrait briser son alliance avec les Iraniens. Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont l’intention d’y parvenir en envoyant des moudjahidines et des alliés des Frères musulmans en Syrie. Après tout, l’Arabie saoudite a servi de refuge pour des membres de Frères musulmans pendant les mandats de Nasser et Sadate. Les États-Unis a déjà, par le passé, fait l’Arabie saoudite envoyer des moudjahidines à l’étranger pour combattre ses ennemis. L’Arabie saoudite a formé des moudjahidines pour aider les Afghans à battre le pire ennemi des États-Unis des années 80, l’Union soviétique. Pour les moudjahidines saoudiens et afghans, la guerre contre les Soviétiques était sainte parce que l’athéisme des Soviétiques menaçait, selon eux, l’islam.

La guerre civile syrienne était, au début, la lutte des Syriens pour renverser le régime d’Al-Assad pour avoir un meilleur avenir. Cette guerre est désormais un jeu d’échec opposant la famille Al-Assad et l’Iran à l’Arabie Saoudite et les États-Unis. Les Syriens y sont mêlés malgré eux.

Les superhéros de la propagande

Note : Cet article a originellement été publié sur le blogue Le Phare le 1er décembre 2012

Aujourd’hui, lorsqu’on entend parler de superhéros, on pense automatiquement aux personnages des bandes dessinées étatsuniennes des années 40 et 50 telles Superman. Bien que des histoires d’hommes en collants ayant des superpouvoirs datent de la fin des années 30, on peut retrouver des histoires d’héros ayant des pouvoirs inhabituels dans des histoires de propagande datant du XIe siècle en France.  La chanson de Roland, une chanson de geste et la première grande œuvre à être rédigée en français, a servi de propagande comme les premiers numéros de « Superman » et « Captain America » des années 40. Le but de ces histoires de superhéros était différent de ceux de La chanson de Roland, mais les symboles que représentent les héros et les méchants sont très similaires.

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