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La falsification d’Assassin’s Creed III

Note : Cet article a originellement été publié sur le blogue Le Phare le 22 novembre 2012

Dans son éditorial du 14 novembre, le Globe and Mail a accusé Ubisoft Montréal d’avoir fait de la propagande avec son dernier jeu d’aventure, Assassin’s Creed III, qui se déroule pendant la Révolution américaine. Le journal canadien a accusé le studio montréalais d’être partial envers les amateurs étatsuniens du jeu pour des raisons économiques, d’avoir fait de fausses affirmations sur les alliances des Amérindiens à l’époque coloniale et d’avoir craché sur les Britanniques, ce qui, selon le Globe and Mail,  dénigrant pour l’histoire du Canada. L’éditorial est largement de la diffamation envers le jeu et Ubisoft Montréal.

La bande-annonce polémique d’Assassin’s Creed III

Les amateurs nord-américains du jeu pourraient facilement croire que Assassin’s Creed III penche pour les Étatsuniens à cause de la campagne publicitaire nord-américaine de Ubisoft Montréal. En effet, la bande-annonce du jeu glorifie les États-Unis, ce qui normal étant donné le contexte historique de l’intrigue. Ubisoft Montréal avait deux campagnes publicitaires : une pour l’Amérique du Nord et une pour le Royaume-Uni. Dans les bandes-annonce destinées au Royaume-Uni, Connor Ratonhnhaké:ton Kenway, le héros du jeu, se bat avec des soldats étatsuniens tandis que les bandes-annonce nord-américaines étaient partiellement censurées. Les amateurs de longue date d’Assassin’s Creed savent que le jeu porte sur la discorde entre les Assassins et les Templiers. La quête de Connor n’est pas d’accomplir la révolution pour les Étatsuniens, mais de protéger son village et d’assassiner des templiers. Il cible les Britanniques autant que les Étatsuniens. Ubisoft Montréal aurait bien pu censurer les bandes-annonces nord-américaines dans le but d’élargir son public étatsunien, mais le jeu en tant que tel ne penche pas pour les États-Unis.

Le Globe and Mail prétend que les Premières Nations ont combattu aux côtés des Britanniques pendant la Guerre anglo-américaine de 1812. Cette affirmation n’est pas pertinente, car l’intrigue du jeu se déroule pendant la Révolution américaine. Qu’il s’agisse de la Guerre anglo-américaine de 1812 ou la Révolution américaine, les tribus amérindiennes se sont alliées aux nations européennes qui pouvaient le mieux servir leurs intérêts. Ces alliances ont eu pour résultat, en fait, de monter des tribus les unes contre les autres. Les auteurs de l’éditorial ont sûrement fait leurs affirmations audacieuses parce qu’ils avaient probablement à l’esprit Joseph Thayendanegea Brandt, chef mohawk réputé d’avoir combattu avec les Britanniques pendant la Révolution américaine.  Toutefois, Joseph Louis Cook, chef influent aux origines africaines et abénaquis parmi les Mohawks, éprouvait une rancune contre les Britanniques et les a combattus à Valley Forge. La rivalité entre Brandt et Cook a en effet divisé les Mohawks. L’argument du Globe and Mail se base sur des mythes historiques et une simplification exagérée de l’histoire.

L’éditorial du Globe and Mail à l’air de viser à augmenter la popularité de la reine d’Angleterre et le passé britannique colonial plutôt qu’à relever des erreurs historiques. Quoi de mieux que d’attaquer un jeu prisé conçu dans un studio célèbre situé dans la province qui critique le plus le rôle dans l’Angleterre dans l’histoire du Canada, le Québec ? Si le Canada veut trouver son identité, il doit, bien entendu, se souvenir de son passé, mais ne devrait pas s’attacher aux symboles contraires à son indépendance. Ubisoft Montréal a collaboré avec des conseillers mohawks à la conception du jeu et des revues célèbres et des sites web portant sur les jeux vidéo ont fait des critiques approfondies d’Assassin’s Creed III. Ils ont tous fait leurs recherches : le Globe and Mail aurait dû avoir fait les leurs.

 

 

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