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Pâques en Égypte : un an plus tard

Je me souviens des reportages de l’année passée sur les attentats dans les églises en Égypte pendant le dimanche des Rameaux. Je me suis souvenu à Noël des torts que cause le salafisme quand j’ai lu sur Mada Masr à propos d’un attentat contre une église. J’étais plein de rage. Je craignais que des parents et amis soient blessés. C’est comme si la manière des terroristes islamiques de fêter Pâques et Noël était de tuer des gens et bombarder des églises. J’en ai eu marre d’entendre des parents et amis «

Unité chrétiens musulmans égypte
Une caricature de Carlos Latuff dépeignant l’unité des chrétiens et des musulmans en Égypte pendant la révolution égyptienne de 2011.

Ne t’en fait pas, les martyrs sont dans un monde meilleur maintenant », « les cieux ont besoin d’autres anges » et des mots du Patriarche copte orthodoxe « l’Église a besoin de martyrs ». Je n’ai pas la moindre idée de la raison pour laquelle il y a une si forte demande pour des Égyptiens au paradis.

 

Toutefois, je me suis souvenu d’autre chose. Dans les journaux égyptiens et sur les médias sociaux, on mentionnait que des musulmans laissaient des chandelles, des messages de condoléances et des fleurs sur les parvis de l’église Saint-Georges et de la cathédrale Saint-Marc après les attentats du dimanche des Rameaux en 2017. Devrions-nous nous en étonner ?

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Qatar le bouc émissaire

Des pays comme l’Égypte et l’Arabie Saoudite ont coupé leurs liens avec le Qatar. La raison officielle est ce pays soutien le terrorisme. Il y a des pays qui soutiennent le terrorisme islamique plus que le Qatar (tel que l’Arabie Saoudite), mais aucune sanction n’a été imposée contre eux. Évidemment, rien n’a été fait contre eux, car le Qatar est un bouc émissaire pratique.

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Coptes et musulmans d’Égypte : indivisibles pour l’État islamique

Le premier jour du ramadan 2017, l’État islamique a attaqué trois autobus transportant des enfants coptes (chrétiens autochtones de l’Égypte) en excursion au monastère Saint Samuel près d’Al-Minya.

L’EI a tué des enfants en excursion. EI, vous êtes tellement durs à cuire et virils. Vous avez sûrement épaté le Bon Dieu avec votre dévouement et bravoure. Vos mamans doivent être si fières de vous. Tenez, vous méritez un biscuit (empoisonné).

croix_croissant_égypte
Ce graffiti du Printemps arabe démontre la solidarité entre chrétiens et musulmans en Égypte. La croix a été mutilée, sûrement par un extrémiste musulman. Photo prise en 2012 à Maadi, Égypte, par Mark Homsany.

C’est un cycle : l’EI attaque des Coptes ; beaucoup de femmes et enfants meurent ; des messages de deuil, de colère et de critique des chrétiens et des musulmans abondent sur les médias sociaux ; les politiques expriment formellement leurs sincères condoléances ; et le cycle se répète. Il y a des tensions entre les chrétiens et les musulmans de l’Égypte depuis le Moyen Âge, toutefois, ils sont unis. Il en est ainsi depuis au moins le début du XXe siècle.

Il n’est pas étonnant de voir des chrétiens et des musulmans se protéger les uns les autres pendant qu’ils prient et crier « Chrétiens ! Musulmans ! Comme les doigts de la main ! »* pendant le Printemps arabe. Le pharaonisme, forme de nationalisme égyptien, a vu ses débuts au commencement du XXe siècle. Il souligne que les Égyptiens ne sont pas des Arabes, mais des descendants des anciens Égyptiens et qu’ils font partie d’une vaste civilisation méditerranéenne. Ce nationalisme met l’accent sur l’importance du Nil et de la Méditerranée. En d’autres mots, les Égyptiens de toutes les religions et ascendances ont en commun l’amour qu’ils ressentent envers leur pays et leur Histoire. Cette unité se reflète dans les paroles de Sayed Darwish. Il était compositeur, révolutionnaire, le père de la musique égyptienne moderne et l’auteur de l’hymne national égyptien. Il chantait des paroles qui avaient pour but de rallier les Égyptiens contre les Britanniques tels qu’« Aime ton voisin avant d’aimer ta propre existence/C’est quoi un chrétien ? C’est quoi un musulmans ? Un juif ? De quoi tu parles ?/Ce ne sont que des mots, nous venons des mêmes ancêtres »**. Cette même chanson ainsi que d’autres de Sayed Darwish ont été chantées par les manifestants pendant le Printemps arabe.

Donc, si la société égyptienne est si unie, pourquoi y a-t-il des tensions entre chrétiens et musulmans ?

graffiti du Printemps arabe imitant le drapeau de 1919
Ce graffiti du printemps arabe imite le drapeau de la Révolution égyptienne de 1919. Il est inscrit «Vive le croissant de lune avec la croix». Photo prise à Maadi, Égypte, en 2012 par Mark Homsany.

Le wahhabisme, le mouvement qui influe sur les groupes musulmans extrémistes des Frères musulmans à l’EI, dresse les chrétiens et les musulmans les uns contre les autres. Selon le wahhabisme, tout ce qui est différent de sa version de l’Islam nuit à la société. Autour du Nouvel An en 2011, le gouvernement de Hosni Moubarak a embauché des extrémistes musulmans pour bombarder l’église des Saints à Alexandrie. Le but du gouvernement de Moubarak était de produire une querelle entre chrétiens et musulmans pour tenter de mater le Printemps arabe. L’État islamique vise un objectif similaire pour envahir l’Égypte. Ils attaquent les chrétiens les jours de fête et près des monuments symboliques pour qu’ils aient trop peur de pratiquer leur religion et par le même biais, forcer les musulmans à vivre dans la peur. Est-ce que le plan de l’EI porte fruit ?

Les Égyptiens ont peur, certes, mais ils ont vécu plus de 2 000 ans d’occupation étrangère et des années de dictature. Ils peuvent résister à une autre crise. Les attentats et l’injustice en Égypte ne font que rassembler les chrétiens et les musulmans et cela est la preuve que l’EI ne peut pas gagner. Terroristes, ça va brasser.

*Ils disaient littéralement « Musulmans ! Chrétiens ! Une seule et même main ! »(مسلمين مسيحيين يد واحدة)

**Tiré de « Lève-toi, Égyptien! » (قوم يا مصري). Traduction de Mark Homsany

Lettre ouverte aux Égyptiens

Note : Cet article a originellement été publié sur le blogue Le Phare le 26 novembre 2012

Les Égyptiens ont poussé leur ancien président, Hosni Moubarak, à remettre sa démission en 2011, ce qui a encouragé les pays qui feront partie du Printemps arabe à se révolter. Les Égyptiens ont souhaité un meilleur avenir, mais beaucoup sont déçus de la situation actuelle et croient que la révolution était vaine. Ils ont fait valoir leur opinion par des mouvements comme « l’Égypte n’est pas un ranch » en octobre et en criant des slogans comme « Morsi a vendu la révolution pour devenir président ». Les Égyptiens de devraient ne pas baisser les bras : les révolutions ne résolvent pas les problèmes d’un pays du jour au lendemain.

Les objectifs d’une révolution ne sont normalement pas atteints du premier coup. La Révolution française, en 1789, dont le but était de se débarrasser de la monarchie et de mettre en pratique la devise « égalité, liberté, fraternité  », n’a pas, initialement, été réussie. Bien que les Français aient réussi à renverser le roi Louis XVI, une monarchie constitutionnelle qui a duré un an a suivi la Révolution française et la monarchie a été plus tard rétablie après le Premier Empire français. Même pendant la Troisième République, une époque où le temps de la monarchie était bien révolu, Émile Zola a démontré dans son livre Germinal les inégalités sociales en France et l’exploitation des pauvres par les riches. Il a même dépeint les bourgeois comme étant la nouvelle monarchie. Les objectifs de la Révolution française ont été atteints après des années, toutefois, certains soutiendraient même qu’ils n’ont jamais été atteints. Néanmoins, la France a fait beaucoup de progrès depuis l’époque de la monarchie. Les Français se sont efforcés à obtenir meilleur avenir, et même s’ils ont quelques fois échoué, ils n’ont pas baissé les bras. Les Égyptiens doivent faire ainsi s’ils veulent satisfaire leurs aspirations.

Les Égyptiens démoralisés ont tendance à croire qu’une personne est incapable de changer le monde. Ils supposent que personne ne devrait tenter de changer les choses en Égypte parce que le seul résultat possible est l’échec. Ils n’ont que partiellement raison, car aucune révolution n’a été accomplie par une seule personne. On considère souvent que George Washington est le symbole de la Révolution américaine, mais on a tendance à oublier les Pères fondateurs des États-Unis et l’aide des Français. Ils ont tous travaillé ensemble et ont contribué à la Révolution américaine. Une des causes principales du succès de cette révolution était la coopération entre des gens puissants et influents. Cela ne signifie pas que les gens n’étant pas de la même stature que Benjamin Franklin ou Georges Washington n’avaient pas de rôle à jouer dans la révolution : tous avaient leur place, mais ceux qui avaient du pouvoir et des ressources ont dû, pour ainsi dire, mener la révolution.

Si les Égyptiens souhaitent que l’économie de leur pays se rétablisse, avoir un gouvernement fonctionnel et rétablir leur gloire d’antan, ils doivent être prêts à mener la révolution jusqu’au bout, réunir toutes leurs ressources et ne pas perdre espoir. Lors des dix dernières années, les Égyptiens ont démontré un intérêt marqué pour les États-Unis, la France et l’Angleterre. S’il y a une chose que les Égyptiens doivent retenir de ces pays occidentaux, c’est la manière de réussir une révolution.

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